Ce soir, ….🌹

Ce soir, j’ai besoin qu’on débarque clandestinement dans ma vie.
Que quelqu’un débarque sans valise, qu’il me prenne la main et qu’il me dise que c’est fini tout ça, l’ennui, qu’il y a mieux autre part.
Qu’il m’emmène j’sais pas, voir la ville s’endormir.
Qu’il m’emmène voir des feux d’artifices perché sur un balcon.
Qu’il m’emmène danser sur ce trottoir meme s’il pleut salement, parce que ça fait du bien d’être heureux.
Ça fait du bien d’être gamin, juste un instant.
Ça fait putain d’bien l’air de rien.
Je veux qu’on me regarde avec cet air spécial, et qu’on me dise que j’aurai pas l’air bête, pas l’air conne, meme si j’suis un peu vieille pour sauter dans les flaques d’eau.
Que je suis très jolie, meme un petit peu bourré quand la nuit, dans la rue, je suis en train de crier.
Qu’on me dise que la vie ce n’est pas que des blessures qui écorchent un petit coeur aussi fragile que le mien.
Que la vie c’est beau.
Salement beau a en vomir son bonheur.

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Je ne serai jamais une femme qui rentre dans la norme 🌹

Je ne serai jamais une femme qui rentre dans la norme.

Je préfère me retrouver en plein air, me promener sur une route non revêtue, porter mon regard sur la pleine lune avec une bouteille de vin rouge dans mes mains.

Je préfère avoir des enfants quand bon me semble, et non parce que la société l’attend davantage ou l’exige.

Je préfère me retirer dans un hamac sur la plage pendant six mois, et tremper ma plume au service de mon âme.

Je préfère être extrêmement fauchée par moments, plutôt que d’être mariée à un travail dont je n’arrive plus à payer l’hypothèque, et qui s’accroche à moi comme un hameçon.

Je préfère posséder des moments, que des investissements.

Je préfère manger seule, plutôt que d’être assise avec des femmes futiles.

Je boirais plutôt une bouteille de rhum de sept ans remplie de sable, sentir une légère odeur de fumée et de cendres que de rester assise lors d’une cérémonie religieuse pesante.

Je préfère apprendre de la vie que d’accumuler une montagne de dettes, dans un bureau.

Je boirais l’océan, encore et encore, afin de célébrer le fait d’être vivante.

Je préfère que mon amour soit défini par l’amour lui-même, ni plus ni moins.

Je n’ai pas besoin d’un anneau à mon doigt pour prouver que je suis amoureuse.

Si nous devons établir des jalons,
le mien sera mesuré par la quantité de joie que j’ai recueillie à la fin de chaque journée et le nombre de fois dans cette vie où j’ai vraiment, et profondément, ouvert mon cœur…
Que j’ai cherché, que j’ai vu, que j’ai aimé, et que je me suis réalisée.

Janne Robinson

Elle rêve d un homme…

Elle rêve parfois d’un homme à qui elle demanderait: est-ce que tu peux m’aimer ?
Avec toute sa vie fatiguée derrière elle, sa force et sa fragilité. Un homme qui connaîtrait le vertige, la peur et la joie.
Qui n’aurait pas peur des larmes derrière son sourire, ni de son rire dans les larmes.
Un homme qui saurait.
Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas.
Ou peut-être au cinéma.
Dans la vraie vie, ils se croisent, s’effleurent, se percutent.
Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants.
Il y a longtemps qu’elle le sait…

Delphine de Vigan

Madame…

Madame 
Elle était de ces femmes qu’on embrasse sur les yeux 

Dont on tombe sous le charme comme on tombe sous le feu 

Elle était de ces femmes qui ne laissent pas les hommes silencieux 

Dont on tombe sous la mitraille rien qu’en croisant ses yeux 

Elle était de ces femmes qui ne semblent pas craindre le feu 

Ni le bûcher ni les flammes tout en elle vous rendait heureux 

Elle était de ces femmes qu’on prie pour qu’elle vous remarque un peu 

On plongerait dans ses flammes pour seulement effleurer ses yeux 

Elle était de ces femmes dont un sourire vous rend heureux 
Pour elle j’aurais maudit mon âme, pour elle j’aurais maudit le bon dieu 

Elle était de ces femmes dont on aimerait laver les cheveux 

Dont on aimerait embrasser l’âme c’est le plus grand de mes vœux 

J’ai rien dit devant cette femme même pas « au fait est-ce qu’il pleut ? » 

Et l’enfant que vous êtes encore Madame me met les larmes aux yeux 

Elle était de ces femmes qui n’ont pas le regard bleu 

Dont les yeux ont versé trop de larmes pour croire encore aux cieux 

J’ai rien dit devant cette femme même pas « au fait est-ce qu’il pleut ? » 

Et l’enfant que vous êtes encore Madame me met les larmes aux yeux
Christophe Miossec

Photo :Antonio Mora